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L’harmonie de Ferdinand Hodler

Selon Ferdinand Hodler, l’Art doit représenter l’harmonie du monde. Une oeuvre achevée demande donc ordre, symétrie et justes proportions. Pour cet artiste formé dans la tradition ingresque par Bartélemy Menn, cet idéal n’est atteignable que par un large travail d’études et d’esquisses, fondé sur l’observation de la nature. Dessins préparatoires et croquis forment ainsi la matrice de sa peinture.

C’est cette place fondamentale, et néanmoins peu connue, accordée à l’étude que le Cabinet d’art graphique de Genève a voulu présenter, en puisant dans ses archives une sélection de quelques 120 dessins, carnets, lithographies et affiches de l’artiste. Ainsi, la possibilité nous est donnée d’entrer dans la sphère intime du suisse, dans l’atelier de ses créations. L’exploitation des diverses techniques frappe. Légèreté des traits à l’encre, rehaussement à la gouache, aquarelle, collage ; Hodler semble maîtriser la palette entière. Il se sert également de techniques moins connues telles que la vitre de Dürer ou le poncif, parfaitement éclairées par les cartels de l’exposition. Et bien qu’il s’agisse d’une petite exposition, un panorama complet des différents formats et genres auxquels l’artiste a touché est présenté.

Dans la salle des sujets symbolistes, l’importance que l’artiste donne au mouvement corporel est mise en avant, car, selon Hodler « toute émotion a son geste ». Dans La Floraison, de souples figures, le buste incliné, les bras levés ondoient en rythme à l’intérieur d’un espace stylisé. L’étude acquiert ici une dimension symbolique ; harmonieuse, cette danse est une évocation transcendante, poétique et musicale de la force vitale des êtres. Suit une série d’autoportraits : frontaux, dotés d’une forte expressivité et d’une intensité du regard, Hodler s’y représente étonné, hypnotique, pénétrant. La suite de l’exposition nous permettra de redécouvrir, à travers leurs genèses, des œuvres célèbres telles que « La défaite de Marignan », « Le bûcheron » ou encore « Le faucheur ».

Bien que seuls des travaux préparatoires soit présentés, il en ressort déjà une certaine harmonie. Dès lors, ne faut-il pas qualifier les études d’Hodler d’oeuvres arts, d’ « œuvres sur papier » ?

Natacha Isoz

Ferdinand Hodler, Œuvres sur papier, Cabinet d’arts graphiques, Genève, du 10 novembre 2011 au 19 février 2012.

Illustration : Ferdinand Hodler (Berne, 1853 – Genève, 1918), Le Printemps (détail), sans date, lithographie au crayon, 675 x 435 mm, feuille 839 x 582 mm, Cabinet d’arts graphiques du Musée d’art et d’histoire, © MAH, Genève, photo : André Longchamp.

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