Les Lettres & les Arts
http://www.les-lettres-et-les-arts.com/

Rubrique Lettres d’ici

La peintre et le poète

En refermant Le sourire de Schiller de Lucienne Girardier Serex, le lecteur aura bien sûr parfait ses connaissances en technique picturale – puisque l’héroïne est peintre – mais aussi en musique, en théologie, en philosophie, en art poétique, en littérature antique et du dix-huitième siècle, en histoire, en physiognomonie. Parfaitement documentée dans tous les domaines précités, l’auteur nous entraîne dans la Souabe du duc Karl-Eugen, le Paris volcanique de 1789 ou le comté de Montbéliard, propriété du frère de Karl-Eugen, Ferdinand.

Les mythes brisés

On est vivant ou on ne l’est pas. Que ce soit en Ethiopie, ou ailleurs, l’essentiel est de partir, se mettre en danger – et c’est là que la passion se fait, ou se défait – mais attention ! uniquement chez certains êtres à l’affût, disponibles. L’ouverture à l’autre est l’un des enjeux les plus problématiques de notre société, et ce n’est pas la première fois que Corinne Desarzens s’empare du sujet (voir son précédent roman Le Gris du Gabon, paru en 2009 aux éditions de l’Aire) avec la subtilité que lui donne l’expérience, ni idéalisée, ni froidement factuelle – jusqu’à un certain point…

Entre deux mondes

Dendo est comblée. Seydou, l’homme qu’elle désirait tant, est devenu son mari et une délicate complicité s’est établie entre eux, au fil des histoires qu’ils se lisent à haute voix. Dans quatre mois, elle donnera naissance à leur premier enfant, mais à peine sorti de l’échographie, Seydou se retrouve poussé sous les roues d’un camion par deux inconnus enturbannés. Inconsolable, Dendo refuse toute réparation que lui propose la famille du camionneur et fait le serment de démasquer les assassins. Par souci de survie, elle se prostitue puis devient une mosso, redoutable femme d’affaires pratiquant le trafic de voiles, de médicaments et de drogues, voyageant entre le Tchad et l’Europe, entre la terre des réalités et la terre promise. Poussée trop loin par son envie de « manger la vie », Dendo finira sur les bords du Léman, prisonnière d’une attente qui s’éternise sans laisser entrevoir d’issue.

Deux vies, deux passions, deux souffrances

Dès la première ligne, La blessure ou la soif nous happe, nous fascine, nous retient. Nous voilà plongés dans un dix-septième siècle de tous les extrêmes, ceux de la violence comme ceux de la passion. Laurence Plazenet, agrégée de lettres classiques et docteur ès lettres, prend ce risque qui effraie beaucoup d’universitaires, celui d’écrire un roman historique. Bien lui en a pris. Sa plume court, souple, structurée, dansante. Les mots semblent apparaître avec une facilité déconcertante, une aisance qui donne à chaque élément sa fonction juste et naturelle.

La Sibérienne et le cosmonaute

Qui peut prétendre n’avoir jamais rêvé de la conquête spatiale ? Certainement pas Virginie Deloffre. Son premier roman, Léna, raconte la vie d’une jeune Soviétique mariée à l’un des héros qui a pu partir « là-haut ». Au-delà du parcours de Léna, que l’on suit jusqu’à l’accouchement de son premier enfant, l’auteur entreprend de nous raconter l’aventure spatiale soviétique, avec en toile de fond l’histoire russe, de la Révolution bolchevique à la Perestroïka.