Les Lettres & les Arts
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Rubrique Les Arts à l’étranger

Par-delà les clichés

L’exposition Conversations : Photography from the Bank of America Collection, à l’Irish Museum of Modern Art (IMMA) à Dublin, sonde le rôle de la photographie contemporaine et son statut de média artistique. L’art, jusque dans son sens premier, « peindre, écrire avec la lumière », ipso facto exploré dans ce parcours innovateur, qui lie la tradition à la modernité. Des artistes phares y déploient leurs talents, tels que Robert Louis Frank, Thomas Ruff, Bernd et Hilla Becher, Candida Höfer, Man Ray, Andreas Gursky, Thomas Struth, Cindy Sherman, Laszlo Moholy-Nagy et même l’artiste Pop Ed Ruscha.

De par ses images datant de 1850 à nos jours, Conversations amorce une chronologie nostalgique et profonde de la discipline, en s’interrogeant sur sa place, finalement relativement récente, dans l’histoire de l’art. Cette exposition est étroitement liée aux Etats-Unis et surtout à New York, l’IMMA ayant déjà collaboré avec le MoMA. Une telle fraternité n’est nullement surprenante au vu du contexte historico-politique de l’Irlande et de sa diaspora en Amérique. Conversations parcourt brillamment les relations entre ces deux nations, en élargissant sa réflexion à la photographie actuelle, tout en restant fidèle à la démarche de l’IMMA qui prône l’internationalité de ses artistes.

Au sous-sol de l’exposition sont regroupées divers clichés américains, comme Dad’s Briefcase de Mitch Epstein (2003), Dad de David Hilliard (1998) ou Father & Sons de Tina Barney (1996). Si ces trois œuvres partagent évidemment la thématique de la famille et de la paternité, elles l’abordent de manières divergentes. Pour Mitch Epstein, photographe mondial- ement reconnu, une valise en cuir sur un matelas aussi fleuri que défraîchi symbolise métonymiquement le pater familias absent et le souvenir d’enfance de ce manque. Les autres clichés exposés aux alentours sont des portraits ou des paysages déserts ou urbains, tous suggérant une même distance froide et mélancolique. Father & Sons constitue le chef-d’œuvre de cette salle, placé au centre et fortement illuminé, révélant un père fortuné au regard aussi morne, méprisant et vide que ses fils. Cette attitude suffisante va de pair avec le gouffre glacial qui sépare les images du spectateur.

Si le contenu de cette rétrospective est fascinant, son installation et sa disposition laissent à désirer. Comme le bâtiment principal de l’IMMA est en rénovation, les clichés de Conversation sont placés dans un minuscule édifice qui le jouxte. Il est regrettable que le chemin pour y accéder soit mal indiqué et que nombre d’informations manquent pour le visiteur. Même à l’intérieur, relativement peu de panneaux contextuels sont présents pour guider intellectuellement ce dernier, qui n’a accès qu’à un audioguide de qualité exécrable. L’éclairage, d’une part, est tantôt insuffisant, tantôt artificiel et agressif, ce qui ne met pas en valeur les photographies. Or, la luminosité est essentielle pour révéler les contrastes de clair-obscur ou les couleurs éclatantes de certaines images, surtout pour un média comme la photographie. D’autre part, l’accrochage des photographies est mal structuré et trop bas, et les cadres, d’une vulgarité abominable. Si les clichés étaient disposés plus haut sur les murs immaculés du musée, ils seraient plus visibles et, de la sorte, sublimés.

Somme toute, si le visiteur parvient à voir au-delà de ces désagréments formels, il sera subjugué par la « noble simplicité et la calme grandeur », pour reprendre les termes de Johann Joachim Winckelmann, et par la beauté troublante de certains paysages et portraits, qui compensent largement les contrariétés matérielles de Conversations.

Aline Scherer

Illustration : Mitch Epstein, Dad’s Briefcase, 2003, Colour coupler print, 56.5 x 71.1 cm, © Mitch Epstein, Courtesy of the Artist and Yancey Richardson Gallery.

Conversations : Photography from the Bank of America Collection, Irish Museum of Modern Art, Dublin, jusqu’au 20 mai 2012.

Le catalogue de l’exposition, établi sous la direction d’Enrique Juncosa, est publié par l’Irish Museum of Modern Art, 398 pages, 25 €

David Douglas Duncan, témoin privilégié du processus créateur de Picasso

Le beau musée La Piscine, à Roubaix, propose l’exposition Picasso à l’œuvre. Dans l’objectif de David Douglas Duncan, conçue en collaboration avec le musée Picasso de Malaga et le Kunstmuseum de Münster. Le visiteur y découvre une centaine d’œuvres de Picasso, pour certaines inédites en France, qui sont mises en regard avec 157 clichés du photographe américain David Douglas Duncan qui rencontra Picasso pour la première fois le 8 février 1956 et qui resta son ami jusqu’au décès du peintre catalan en 1973. Duncan, reporter de guerre, savait se faire oublier et devint vite « the right guy for the right job ». La confiance que lui accordait Picasso lui permit de réaliser d’innombrables clichés de l’artiste, de sa femme, de ses demeures et de son travail. Cette manne photographique est riche d’enseignements et d’élucidations sur la manière de créer de Picasso.

Donner accès à l’intimité de la genèse artistique

Une authentique complicité se tissa entre les deux hommes. Le premier cliché réalisé par Duncan, le 8 février 1956, à La Californie, est saisissant : il s’agit de Picasso dans son bain. À la photographie des deux hommes prise par Gjon Mili, répond le dernier cliché de l’exposition : Duncan capture le regard malicieux de Picasso au-dessus du livre Picasso’s Picassos, dans lequel le photographe avait immortalisé les tableaux que Picasso gardait pour lui. Toutes les photographies de Duncan sont en noir et blanc. Il privilégie des clichés simples et pourtant esthétiques, toujours parfaitement éclairés. Duncan était reporter de guerre, ses séjours chez Picasso sont des échappatoires aux souvenirs des conflits qu’il couvre pour Life (Palestine, Corée, Vietnam…). Photographier Picasso lui permet de renouer avec le beau. Cela explique la fascination, omniprésente, pour le mouvement créateur du peintre (planche-contact Picasso debout peignant Tête). Les photographe aime les instants méditatifs au cours desquels Picasso regarde une toile blanche ou achevée (Picasso debout pensif devant Tête).

Duncan photographie le maestro de dos, s’inclinant, s’effaçant (Picasso en pull noir devant sa céramique La Chouette, par exemple). Dans Le premier trait ou Main de Picasso peignant la Tauromachia, somptueux travail à l’aquatinte, Duncan immortalise la genèse des pièces. Ses clichés deviennent autant de préfaces et de postfaces, des autours de l’œuvre d’art. Ils mettent de plus l’accent sur le devenir des toiles : signature, rangement, manipulation (Transport de Tête casquée).

Cette exposition déploie une puissante réflexion sur l’avant et l’après des œuvres d’art, comme l’illustre la salle consacrée aux Baigneurs à la Garoupe. Un montage de vingt-six clichés permet de visualiser le geste créateur de Picasso, qui, après avoir peint le fond de la toile, l’abandonna pendant près d’un an : lorsqu’il y revint, il traça les contours en quelques minutes, enlevant même sa chemise. Un dossier génétique est ainsi proposé au visiteur. L’après des Baigneurs n’est pas oublié : Picasso et Jacqueline dansant devant les baigneurs est une belle photographie – révélatrice d’une période sereine et emplie de joie créative – où l’on voit le couple comme entouré par les bras du baigneur central.

Un étonnant équilibre entre humanisation et sacralisation de Picasso

Les photographies de Duncan insufflent un souffle de vie aux créations de Picasso, elles les replacent à leur emplacement d’origine, leur musée premier. Le parcours présente des vases (Oiseaux et poissons), des assiettes, des bronzes (Tête de taureau, La Guenon et son petit). Picasso créait à partir de n’importe quel support : tôle (Femme et enfant), carton, céramique, terre cuite (Hibou, Femme à la clé), carton, tomette, et même arêtes de poisson qui servent à la fabrication d’un plat (Nature morte aux trois poissons). La variété de ces pièces, loin de nuire à la cohérence de l’exposition, souligne l’omniprésence et la nécessité absolue de l’art dans le quotidien de Picasso.

Cependant, une question demeure : Duncan n’était-il qu’un nouvel idolâtre du maestro dont il immortalisait les faits et gestes ? Est-il parvenu, au contraire, à désacraliser Picasso en permettant d’entrevoir son humanité ? Duncan, aidé de la distance inévitable qu’impose son Leica, atteint un équilibre entre fascination et prise de recul par rapport au mythe. Certains clichés sont quelque peu posés et participent involontairement à la légende qui entoure Picasso. Pourtant, le plus souvent, la surprise s’empare du visiteur face à ces photographies authentiques. L’impression d’un contact privilégié avec le quotidien d’un artiste domine, par exemple dans Picasso devant Jacqueline aux fleurs, tableau qui est d’ailleurs exposé, de même que Jacqueline à l’écharpe noire, toile marquée au sceau de l’héritage pictural espagnol. Le peintre ne posait pas pour Duncan, qui le saisissait sur le vif : « Je l’ai photographié près de vingt-cinq mille fois. À chaque fois, il paraissait tout à fait normal, semblable à n’importe qui, excepté pour les yeux ».

Le visiteur s’amusera de Picasso au Stetson (offert par Gary Cooper), à la coiffe de chef indien ou au masque de clown. Picasso, sympathique et enfantin, affranchi de toute mise en scène médiatique, aime à se déguiser, à faire l’acteur (Pablo Picasso et Jacqueline en habits espagnols, Picasso tauréant un scorpion). Dans le couloir final, les pièces de Picasso sont congédiées pour laisser parler de beaux clichés de Duncan, en particulier Le regard de Pablo Picasso et Jacqueline au foulard. Même si Duncan s’en défend et revendique le fait que le visiteur ne vient que pour « voir Picasso », ses photographies finissent bien par faire œuvre : cette rétrospective est aussi la sienne. Son travail est une réussite et avait sans doute été pensé pour permettre la découverte du Picasso intime, qui était, avant tout et sans relâche, un artiste en train de créer.

 Anne Cadin

Picasso à l’œuvre. Dans l’objectif de David Douglas Duncan. La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent, Roubaix, jusqu’au 20 mai 2012.

Le catalogue de l’exposition, ouvrage collectif de Stephanie Ansari, de Philippe Forest, de Tatyana Franck, de Mary Alice Harper, de Nikolai Japp, de Markus Muller et d’Harald Theil, est publié chez Gallimard, 288 pages, 39,00 €

Illustration : Picasso déplaçant Portrait de Jacqueline, Été, 1957, Villa La Californie, Cannes, épreuve gélatino-argentique, 34,5 x 23 cm, coll. particulière, © David Douglas Duncan, 2012.

La prise de risque de Patrick Faigenbaum

Entre tentation du portrait et envie de rétrospective, comment peindre la ville ? Le Musée de la Vie romantique de Paris propose, du 27 septembre 2011 au 12 février 2012, une exposition conçue par le photographe Patrick Faigenbaum et son alter ego le philosophe Jean-François Chevrier, intitulée « Paris – Proche et lointain ». Que les visiteurs désireux de voir des vues de Paris à la Doisneau passent leur chemin : comme s’est exclamé un monsieur élégant en colère, « mais enfin, où sont les photos de Paris ? ». Les attentes du visiteur sont, en effet, consciemment et volontairement, mises à l’épreuve par le photographe.

Carte blanche à Patrick Faigenbaum

Cet accrochage inédit a été proposé à Patrick Faigenbaum sur le principe d’une liberté complète : il a donc parfois choisi des clichés n’ayant pas pour décor Paris. Dans cette exposition, différente de celles réalisées sur Barcelone, Tulle, Naples ou même Paris (clichés datant de 1999, parmi lesquels Place Clichy, Cimetière Montmartre ou encore Rue de Rome, reproduits dans l’ouvrage Patrick Faigenbaum, publié chez Hazan en 2000), il a voulu s’extraire de son domaine de prédilection, le portrait, genre grâce auquel il est devenu un photographe reconnu sur la scène contemporaine française.

Jean-François Chevrier a souligné une volonté primordiale à l’œuvre dans ce projet : que chaque image fasse œuvre en elle-même. Cette précision permet de mieux comprendre l’impression de disparité qui naît de la visite : Patrick Faigenbaum avait pleinement conscience que cette variété pouvait dérouter, voire ne pas plaire. Le but n’était pas de réaliser un document sur Paris seulement, mais plutôt un travail sur l’éloignement géographique (Paris extra-muros, mais aussi Barcelone ou la Sardaigne) et temporel (clichés de jeunesse du photographe, représentant un éloignement biographique, mais aussi quelques clichés d’objets de musée, marqueurs d’un temps historique – par exemple de ces statuettes conservées au musée de Saint-Germain-en-Laye). Le titre de l’exposition « Paris – Proche et lointain » a été choisi pour sa polysémie et le parcours proposé repose sur une prise de risque, un défi.

Une organisation déroutante, reflet de la « double dimension, spatiale et temporelle » (Bertrand Delanoë) à l’œuvre dans l’exposition

Deux axes sous-tendent ce parcours foisonnant et peuvent servir de guides au visiteur qui cherche un sens et une progression dans cet accrochage. D’une part, le proche et le lointain biographiques : Patrick Faigenbaum donne à voir des lieux proches car intimes et familiers, à travers les photographies – inédites jusque-là – de la rue Michel-Chasles où se trouvait la boutique de couturière de sa mère, Suzanne. Émouvante série de clichés en noir et blanc datant de 1972 : ce sont les premiers pas de Patrick Faigenbaum, armé d’un Nikon dont il avait appris à se servir en autodidacte, que l’on trouvera dispersés dans les trois premières salles. Ces photographies sont un hommage, prolongé par la belle réflexion d’un fils sur le vieillissement de sa mère proposée dans la seconde salle de l’exposition. Cette petite pièce était idéale pour ces planches-contacts (une dizaine de négatifs laissés côte à côte), développées en avril 2010. Pour Daniel Marchessau, « ces fragments sans artifice résonnent d’un silence privé, traduisent la complicité du lien familial, frémissent de la confiance de la mère, impavide devant l’objectif de son fils ».

Ces clichés, fondés sur l’esthétique du gros plan cinématographique, témoignent d’un travail minutieux de la lumière qui est volontairement très faible, tamisée. Les portraits en mosaïque de Suzanne sont portés par un effet de rafale créant le paradoxe d’un mouvement immobile : la différence entre chaque cliché est minime mais existe pourtant. La vieille dame a la main portée au visage, un doigt crispé au niveau de la bouche ou de la joue : la photographie permet de saisir la souffrance de la personne âgée, son mutisme, sa difficulté à contrôler ses gestes. Les propos de Jean-François Chevrier prennent tout leur sens : « Patrick Faigenbaum est un photographe de la lenteur : celle de la matière vivante animée d’une impulsion vers la statuaire » (Patrick Faigenbaum, Paris, Hazan, 2000).

D’autre part, le proche géographique surgit avec des clichés de Paris, où Patrick Faigenbaum a grandi et où il habite encore. Pour lui, « saisir Paris passe nécessairement par un regard sur une partie de lui-même, puisque son histoire propre s’ancre dans notre capitale » (Bertrand Delanoë). Le visiteur pourra voir une image prise sur le quai de la Loire, une autre de Notre-Dame de Paris (janvier 2011), illuminée par les guirlandes d’un sapin de Noël d’une étrange lumière bleutée. Le point central, le kilomètre zéro, est également  présent avec Paris (1981), cliché qui fait d’une femme blonde, portant beaucoup de mascara, un symbole de l’essence parisienne. Pour l’Ouest, Patrick Faigenbaum s’attache à Nanterre, représentée par deux photographies de son université qui, bien que prises en 2011, semblent surgir des années 1970. L’artiste photographie les statues anciennes du parc de Saint-Germain-en-Laye : elles semblent contempler les immeubles de la Défense  apparaissant au loin. À l’Est, c’est Montreuil qu’il choisit, avec un intéressant cliché d’ouvriers assis sous une statue de style soviétique (L’industrie, le Fondeur, 2011). Dans cette même ville, avenue Pasteur, il parvient à capturer le visage radieux d’une femme en turban, portant un bouquet de pivoines : les couleurs fraîches et lumineuses de ce cliché tranchent avec le noir et blanc révélateur de Rue de Charenton (image d’une interminable enfilade de tours) ou de – pour le Nord de Paris – Saint-Denis, gare de tramway (instantané de la foule à l’heure de pointe).

Ces photographies amènent à s’interroger sur les écarts entre centre et périphérie, luminosité et la grisaille, calme et densité. Pour le Sud de Paris, Orly-Ville, cité la Pierre-au-prêtre (2011) attire l’œil par sa luminosité et ses protagonistes, des enfants sur leurs vélos dans une cité calme et presque déserte. Orly ville (2001) présente au contraire un homme pressé, mallette à la main, comme poursuivi par l’ombre d’une femme en train de courir. Patrick Faigenbaum s’intéresse au marché de Rungis et propose, en s’inspirant de la nature morte (également présente avec Citrons (2006) ou Raisins et figues (2005) qui détonnent quelque peu), trois clichés d’impressionnants quartiers de viandes. Cet assemblage de photographies finit par dire, par sa variété même, quelque chose de la ville et de ses dynamiques.

L’art du portraitiste

Ultimement, ce sont ces « confrontations thématiques hétérogènes voire contradictoires » (Daniel Marchesseau), cette manière labyrinthique et indirecte de présenter la ville, qui font jaillir la réflexion sur Paris et sa banlieue. Patrick Faigenbaum a réussi à brosser l’identité de la capitale sans se limiter au portrait. Certes, cette prise de risque supposait un effet de disparité, qui s’avère parfois lassant. Pourtant, c’est en ne cherchant pas à trouver à tout prix un principe de cohérence artistique à cette exposition que le visiteur pourra non seulement entrevoir la subtile image de Paris ciselée par le photographe, mais aussi s’attarder devant de très beaux visages, mis en valeur par un éclairage très travaillé : celui de sa mère, bien sûr, mais aussi celui de Salvatorica (vieille habitante de Santulussurgiu, petit village sarde) ou encore ceux de Hana Youri (Saint-Raphaël, 1998) ou Lithiya (Paris, 2004). Ces clichés sont un autre indice d’une certaine tentation de la rétrospective qui parcourt toute l’exposition comme un fil rouge – mais aller du lointain au proche, n’est-ce pas finalement retracer son propre parcours, que ce soit dans une ville ou dans sa vie ?

Anne Cadin

Paris – Proche et lointain, par Patrick Faigenbaum et Jean-François Chevrier, Musée de la Vie romantique, Paris, du 27 septembre 2011 au 12 février 2012.

Patrick Faigenbaum, Saint-Denis, avril 2011 © Patrick Faigenbaum.

Patrick Faigenbaum, Orly-Ville, mai 2011 © Patrick Faigenbaum.

Trois grands collectionneurs sur les hauteurs de Bergame

Le chemin qui mène à Venise – nombre de voyageurs semblent l’ignorer – est bordé de plusieurs villes, distantes de quelques dizaines de kilomètres seulement, qui semblent, malgré les 150 ans d’unité politique, vouloir rivaliser et se surpasser en beauté, en prestige et en richesse artistique. Pourquoi ne pas avoir ouvert les grands axes de communication aux abords de centres tels que Vérone, Vicence, ou encore Padoue afin qu’ils ne soient pas négligés par les touristes culturels pressés de rejoindre la ville lagunaire ? Comment passer à côté de bijoux comme « La Rotonda » aux confins de Vicence, un des plus beaux fleurons des villas du grand architecte de la Renaissance Palladio, ou la Capella degli Scrovegni et ses fresques de Giotto ?

Jérémy Liron à l’Hôtel des Arts de Toulon

L’Hôtel des Arts de Toulon met le jeune peintre Jérémy Liron (*1980) à l’honneur. Sa peinture semble déjà avoir trouvé sa voie et convainc par la qualité de sa technique. Résigné, comme d’autres éclaireurs, à faire usage des techniques traditionnelles de peinture, l’huile surtout, il a pour sujet de prédilection la peinture d’édifices à l’architecture contemporaine.