Les Lettres & les Arts
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Le printemps dans l’œuvre du couple Hainard : une affaire de famille

Impressions de printemps : sous ce titre évocateur, il s’agit pour Pierre Hainard de brosser un portrait croisé de ses parents, les artistes genevois Germaine et Robert Hainard. Un cliché intime constitué d’œuvres gravées, mais également de peintures et de dessins ainsi que d’extraits de la correspondance entretenue par le couple.

On le comprend sans tarder, un élément permet de mettre en regard la relation amoureuse des deux artistes et le sujet de leurs œuvres : le printemps. Saison privilégiée pour l’observateur de la vie animale qu’est Robert Hainard, il est aussi prétexte à des jeux de teintes dans la transition entre hiver et printemps qui fascinent Germaine. Entre la saison du renouveau et la passion qui brûle entre deux êtres, le rapprochement est aisé. Amour de la nature partagé par Germaine et Robert, amour réciproque renforcé par cette passion commune. Le titre de l’ouvrage évoque le procédé d’impression à l’origine d’une gravure, tout comme l’impression ressentie lors de l’observation de la nature. Germaine Hainard reprochait parfois à son époux de perdre en route cette « impression d’un moment ». Impressions de printemps était un projet de Robert Hainard resté inachevé, lui qui rêvait de réunir en un volume une quarantaine de gravures constituant « un bouquet de sensations […] qui réagiraient les unes sur les autres et concourraient à une émotion unique ».

De fait, c’est leur fils qui allait monter en 2010 une exposition autour de cette saison qui occupe une place privilégiée dans le travail artistique du couple. Gravures sur bois et animaux sauvages pour lui, huiles sur toile et paysages campagnards pour elle ; chacun interprète ce qu’il a sous les yeux par un mode d’expression personnel. Une technique les réunit toutefois : l’aquarelle. Utilisée presque exclusivement pour rendre des paysages, elle constitue de fait le lien qui unit les deux artistes – alors que le reste de leur production est clairement distinct – et il est même parfois difficile de discerner à qui l’on doit telle aquarelle. A ce titre, on s’attardera sur le diptyque constitué par la juxtaposition des vues de la Dzour, peintes – on se prend volontiers à l’imaginer – côte à côte le 28 mai 1929.

Quoique la qualité des œuvres sélectionnées soit indéniable, la frontière entre émotion et mièvrerie est mince, et le lecteur peu enclin au sentimentalisme pourra manifester une certaine indifférence devant la large place laissée aux extraits épistolaires. A ces passages tirés de la correspondance d’un couple d’amoureux s’ajoutent quelques introductions biographiques. Rédigés par leur fils, ces utiles notices permettent de situer les œuvres, ainsi que les lettres, dans la chronologie familiale.

Si le choix éditorial peut surprendre de par l’importance accordée à la relation de couple, il faut avouer que l’on se laisse volontiers convaincre de pénétrer l’intimité de la famille Hainard par la mise en parallèle du pictural et du littéraire. Et la sincérité de ton de l’ouvrage fait mieux que gommer l’éventuelle inégalité des œuvres : elle la légitime en replaçant chacune dans le contexte d’un apprentissage jamais achevé visant à rendre au mieux la magie de la nature. Nature observée ou nature ressentie, une distinction que cet ouvrage nous invite à explorer.

Clément Grandjean

Pierre Hainard, Impressions de printemps de Germaine et Robert Hainard, Slatkine, 160 pages, 56 €

Dans les bacs

Après deux albums, Marie Modiano publie un recueil de textes. Le cas est assez rare. Il est vrai que si l’on ôte à un chanteur pop son minois et la musique en background, il ne reste pas souvent quoi que ce soit de notable. En quoi est-ce ici différent ? En rien. On a l’impression que les quelques pages sont le strict résultat de cette soustraction caricaturale.

D’ordinaire, l’auteur chante en anglais. L’auditeur francophone aurait tendu l’oreille pour la suavité de la voix, traduit mentalement et grosso modo les quelques phrases vagues, qui dans un susurrement lui auraient rappelé un état connu, entre sentiment et souvenir, au travers d’une image certes quotidienne mais, oh, si authentique… (et on oublie les paroles avant que ne s’achève cette phrase).

Or, Modiano a cette fois écrit dans sa langue maternelle. Et sans tambour ni trompette, ni rien de musical d’ailleurs, on se retrouve au milieu d’un paquet de clichés (souvenirs d’enfance réels ou possibles, images restées de beaux et nobles voyages, vague mal-être, etc.), tissés sur une esthétique fadasse : des tournures adolescentes (« Les esprits m’ouvrent les portes d’un monde qui n’existe pas »), quelques épithètes grandiloquentes et une organisation du texte hasardeuse propre à la pop.

Rendons à César ce qui est à César, et Modiano à la chanson. Non que ce soit un crime de lèse-poésie ; mais en textes seuls, tout ce qui peut plaire de ses albums est perdu. La traduction d’un genre à un autre est un art dont peu peuvent se vanter de l’avoir jamais possédé.

Jonathan Wenger

Marie Modiano, Espérance mathématique, L’Arbalète-Gallimard, 103 pages, 12,90 €

Par-delà les clichés

L’exposition Conversations : Photography from the Bank of America Collection, à l’Irish Museum of Modern Art (IMMA) à Dublin, sonde le rôle de la photographie contemporaine et son statut de média artistique. L’art, jusque dans son sens premier, « peindre, écrire avec la lumière », ipso facto exploré dans ce parcours innovateur, qui lie la tradition à la modernité. Des artistes phares y déploient leurs talents, tels que Robert Louis Frank, Thomas Ruff, Bernd et Hilla Becher, Candida Höfer, Man Ray, Andreas Gursky, Thomas Struth, Cindy Sherman, Laszlo Moholy-Nagy et même l’artiste Pop Ed Ruscha.

De par ses images datant de 1850 à nos jours, Conversations amorce une chronologie nostalgique et profonde de la discipline, en s’interrogeant sur sa place, finalement relativement récente, dans l’histoire de l’art. Cette exposition est étroitement liée aux Etats-Unis et surtout à New York, l’IMMA ayant déjà collaboré avec le MoMA. Une telle fraternité n’est nullement surprenante au vu du contexte historico-politique de l’Irlande et de sa diaspora en Amérique. Conversations parcourt brillamment les relations entre ces deux nations, en élargissant sa réflexion à la photographie actuelle, tout en restant fidèle à la démarche de l’IMMA qui prône l’internationalité de ses artistes.

Au sous-sol de l’exposition sont regroupées divers clichés américains, comme Dad’s Briefcase de Mitch Epstein (2003), Dad de David Hilliard (1998) ou Father & Sons de Tina Barney (1996). Si ces trois œuvres partagent évidemment la thématique de la famille et de la paternité, elles l’abordent de manières divergentes. Pour Mitch Epstein, photographe mondial- ement reconnu, une valise en cuir sur un matelas aussi fleuri que défraîchi symbolise métonymiquement le pater familias absent et le souvenir d’enfance de ce manque. Les autres clichés exposés aux alentours sont des portraits ou des paysages déserts ou urbains, tous suggérant une même distance froide et mélancolique. Father & Sons constitue le chef-d’œuvre de cette salle, placé au centre et fortement illuminé, révélant un père fortuné au regard aussi morne, méprisant et vide que ses fils. Cette attitude suffisante va de pair avec le gouffre glacial qui sépare les images du spectateur.

Si le contenu de cette rétrospective est fascinant, son installation et sa disposition laissent à désirer. Comme le bâtiment principal de l’IMMA est en rénovation, les clichés de Conversation sont placés dans un minuscule édifice qui le jouxte. Il est regrettable que le chemin pour y accéder soit mal indiqué et que nombre d’informations manquent pour le visiteur. Même à l’intérieur, relativement peu de panneaux contextuels sont présents pour guider intellectuellement ce dernier, qui n’a accès qu’à un audioguide de qualité exécrable. L’éclairage, d’une part, est tantôt insuffisant, tantôt artificiel et agressif, ce qui ne met pas en valeur les photographies. Or, la luminosité est essentielle pour révéler les contrastes de clair-obscur ou les couleurs éclatantes de certaines images, surtout pour un média comme la photographie. D’autre part, l’accrochage des photographies est mal structuré et trop bas, et les cadres, d’une vulgarité abominable. Si les clichés étaient disposés plus haut sur les murs immaculés du musée, ils seraient plus visibles et, de la sorte, sublimés.

Somme toute, si le visiteur parvient à voir au-delà de ces désagréments formels, il sera subjugué par la « noble simplicité et la calme grandeur », pour reprendre les termes de Johann Joachim Winckelmann, et par la beauté troublante de certains paysages et portraits, qui compensent largement les contrariétés matérielles de Conversations.

Aline Scherer

Illustration : Mitch Epstein, Dad’s Briefcase, 2003, Colour coupler print, 56.5 x 71.1 cm, © Mitch Epstein, Courtesy of the Artist and Yancey Richardson Gallery.

Conversations : Photography from the Bank of America Collection, Irish Museum of Modern Art, Dublin, jusqu’au 20 mai 2012.

Le catalogue de l’exposition, établi sous la direction d’Enrique Juncosa, est publié par l’Irish Museum of Modern Art, 398 pages, 25 €

Retrouver l’être antérieur

Créer du neuf ne fait pas partie de la philosophie littéraire d’Annie Ernaux. Les textes contenus dans Écrire la vie forment un regard résolument tourné vers le passé, vers le connu qu’elle exploite et retravaille sans cesse. Avec des récits comme Les armoires vides, La honte et Passion simple, elle explore les périodes marquantes de sa vie – adolescence révoltée, avortement, liaisons amoureuses – avec le souci permanent de parvenir à recréer l’instant, à retranscrire une vérité déjà oubliée. Si l’auteur décrit les défauts et les faiblesses des autres, soulignant le dégoût que lui ont longtemps inspiré ceux de ses parents, elle s’acharne doublement sur ses propres vices, jamais maquillés ou excusés. Elle expose mais ne juge pas, n’impose pas d’analyse pouvant colorer les événements de son passé, les raisons qui ont pu pousser une personne à se comporter de telle ou telle manière.

Par la répétition, d’un texte à l’autre, d’expressions bien précises, de mots assemblés de la même manière (toujours « la Coop et le Familistère » et non l’inverse), la petite fille puis la femme du passé reprennent peu à peu vie avec leurs habitudes et leurs idiomes. « Mettre au jour les langages qui me constituaient » : voilà la tâche qu’Ernaux se donne, reportant sans détour le conflit entre le patois de son enfance et le « bon » français qu’elle apprend à l’école, sa révolte de jeune fille contre tous ces mots qui la rattachent à une classe sociale qu’elle n’aspire qu’à laisser derrière elle.

Au fil de l’œuvre, la colère présente dans Les armoires vides se mue peu à peu en défense de ces différentes façons de communiquer, ce parler authentique nécessaire à la retranscription fidèle de celle qu’elle a été et ne sera jamais plus, pour effectuer une « ethnologie de moi-même ».

Écrire la vie donne l’occasion de parcourir un travail de plusieurs décennies, une recherche littéraire continue qui se reflète dans cet ensemble de récits qui se chevauchent, créant une série d’images et d’impressions, de langages et d’événements qui forment le portrait à la fois d’une existence individuelle et du milieu dont l’auteur est issue. Toutefois, ces histoires sont à découvrir au compte-goutte plutôt qu’en un seul bloc, car les sujets si souvent répétés peuvent finir par lasser. D’autre part, on reprocherait presque à Gallimard de ne pas avoir attendu un peu (une lettre adressée à la sœur d’Annie Ernaux, Ginette, décédée avant sa naissance – sujet à peine mentionné dans Écrire la vie, traité en fait divers – est parue en 2011), et d’avoir laissé de côté certains récits de celle qui dit : « j’ai toujours voulu écrire comme si je devais être absente à la parution du texte ».

Contrairement aux récits La place et Une femme qui relatent les vies de ses parents dans leur entièreté, on ne peut oublier que celle qui décrit sans honte chaque aspect de son passé continue d’exister quelque part, de progresser dans son parcours de réflexion et de remémoration. Sans vouloir taire avant l’heure une voix essentielle de la littérature sociale française, la traversée de l’œuvre d’Ernaux se fait dans la certitude qu’il faudra la parcourir à nouveau après sa mort, afin d’en saisir tout le sens et, en quelque sorte, de poursuivre son travail.

Zoé Perrenoud

Annie Ernaux, Écrire la vie, Quarto Gallimard, 1088 pages, 25  €

David Douglas Duncan, témoin privilégié du processus créateur de Picasso

Le beau musée La Piscine, à Roubaix, propose l’exposition Picasso à l’œuvre. Dans l’objectif de David Douglas Duncan, conçue en collaboration avec le musée Picasso de Malaga et le Kunstmuseum de Münster. Le visiteur y découvre une centaine d’œuvres de Picasso, pour certaines inédites en France, qui sont mises en regard avec 157 clichés du photographe américain David Douglas Duncan qui rencontra Picasso pour la première fois le 8 février 1956 et qui resta son ami jusqu’au décès du peintre catalan en 1973. Duncan, reporter de guerre, savait se faire oublier et devint vite « the right guy for the right job ». La confiance que lui accordait Picasso lui permit de réaliser d’innombrables clichés de l’artiste, de sa femme, de ses demeures et de son travail. Cette manne photographique est riche d’enseignements et d’élucidations sur la manière de créer de Picasso.

Donner accès à l’intimité de la genèse artistique

Une authentique complicité se tissa entre les deux hommes. Le premier cliché réalisé par Duncan, le 8 février 1956, à La Californie, est saisissant : il s’agit de Picasso dans son bain. À la photographie des deux hommes prise par Gjon Mili, répond le dernier cliché de l’exposition : Duncan capture le regard malicieux de Picasso au-dessus du livre Picasso’s Picassos, dans lequel le photographe avait immortalisé les tableaux que Picasso gardait pour lui. Toutes les photographies de Duncan sont en noir et blanc. Il privilégie des clichés simples et pourtant esthétiques, toujours parfaitement éclairés. Duncan était reporter de guerre, ses séjours chez Picasso sont des échappatoires aux souvenirs des conflits qu’il couvre pour Life (Palestine, Corée, Vietnam…). Photographier Picasso lui permet de renouer avec le beau. Cela explique la fascination, omniprésente, pour le mouvement créateur du peintre (planche-contact Picasso debout peignant Tête). Les photographe aime les instants méditatifs au cours desquels Picasso regarde une toile blanche ou achevée (Picasso debout pensif devant Tête).

Duncan photographie le maestro de dos, s’inclinant, s’effaçant (Picasso en pull noir devant sa céramique La Chouette, par exemple). Dans Le premier trait ou Main de Picasso peignant la Tauromachia, somptueux travail à l’aquatinte, Duncan immortalise la genèse des pièces. Ses clichés deviennent autant de préfaces et de postfaces, des autours de l’œuvre d’art. Ils mettent de plus l’accent sur le devenir des toiles : signature, rangement, manipulation (Transport de Tête casquée).

Cette exposition déploie une puissante réflexion sur l’avant et l’après des œuvres d’art, comme l’illustre la salle consacrée aux Baigneurs à la Garoupe. Un montage de vingt-six clichés permet de visualiser le geste créateur de Picasso, qui, après avoir peint le fond de la toile, l’abandonna pendant près d’un an : lorsqu’il y revint, il traça les contours en quelques minutes, enlevant même sa chemise. Un dossier génétique est ainsi proposé au visiteur. L’après des Baigneurs n’est pas oublié : Picasso et Jacqueline dansant devant les baigneurs est une belle photographie – révélatrice d’une période sereine et emplie de joie créative – où l’on voit le couple comme entouré par les bras du baigneur central.

Un étonnant équilibre entre humanisation et sacralisation de Picasso

Les photographies de Duncan insufflent un souffle de vie aux créations de Picasso, elles les replacent à leur emplacement d’origine, leur musée premier. Le parcours présente des vases (Oiseaux et poissons), des assiettes, des bronzes (Tête de taureau, La Guenon et son petit). Picasso créait à partir de n’importe quel support : tôle (Femme et enfant), carton, céramique, terre cuite (Hibou, Femme à la clé), carton, tomette, et même arêtes de poisson qui servent à la fabrication d’un plat (Nature morte aux trois poissons). La variété de ces pièces, loin de nuire à la cohérence de l’exposition, souligne l’omniprésence et la nécessité absolue de l’art dans le quotidien de Picasso.

Cependant, une question demeure : Duncan n’était-il qu’un nouvel idolâtre du maestro dont il immortalisait les faits et gestes ? Est-il parvenu, au contraire, à désacraliser Picasso en permettant d’entrevoir son humanité ? Duncan, aidé de la distance inévitable qu’impose son Leica, atteint un équilibre entre fascination et prise de recul par rapport au mythe. Certains clichés sont quelque peu posés et participent involontairement à la légende qui entoure Picasso. Pourtant, le plus souvent, la surprise s’empare du visiteur face à ces photographies authentiques. L’impression d’un contact privilégié avec le quotidien d’un artiste domine, par exemple dans Picasso devant Jacqueline aux fleurs, tableau qui est d’ailleurs exposé, de même que Jacqueline à l’écharpe noire, toile marquée au sceau de l’héritage pictural espagnol. Le peintre ne posait pas pour Duncan, qui le saisissait sur le vif : « Je l’ai photographié près de vingt-cinq mille fois. À chaque fois, il paraissait tout à fait normal, semblable à n’importe qui, excepté pour les yeux ».

Le visiteur s’amusera de Picasso au Stetson (offert par Gary Cooper), à la coiffe de chef indien ou au masque de clown. Picasso, sympathique et enfantin, affranchi de toute mise en scène médiatique, aime à se déguiser, à faire l’acteur (Pablo Picasso et Jacqueline en habits espagnols, Picasso tauréant un scorpion). Dans le couloir final, les pièces de Picasso sont congédiées pour laisser parler de beaux clichés de Duncan, en particulier Le regard de Pablo Picasso et Jacqueline au foulard. Même si Duncan s’en défend et revendique le fait que le visiteur ne vient que pour « voir Picasso », ses photographies finissent bien par faire œuvre : cette rétrospective est aussi la sienne. Son travail est une réussite et avait sans doute été pensé pour permettre la découverte du Picasso intime, qui était, avant tout et sans relâche, un artiste en train de créer.

 Anne Cadin

Picasso à l’œuvre. Dans l’objectif de David Douglas Duncan. La Piscine – Musée d’art et d’industrie André Diligent, Roubaix, jusqu’au 20 mai 2012.

Le catalogue de l’exposition, ouvrage collectif de Stephanie Ansari, de Philippe Forest, de Tatyana Franck, de Mary Alice Harper, de Nikolai Japp, de Markus Muller et d’Harald Theil, est publié chez Gallimard, 288 pages, 39,00 €

Illustration : Picasso déplaçant Portrait de Jacqueline, Été, 1957, Villa La Californie, Cannes, épreuve gélatino-argentique, 34,5 x 23 cm, coll. particulière, © David Douglas Duncan, 2012.